France, Paris (U. Sorbonne-Nouvelle)

Chaire UNESCO Savoir Devenir à l’ère du développement numérique durable : articuler usages et apprentissages pour maîtriser les cultures de l’information

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Description and Mandate of the Chair

Savoir Devenir est un pilier de l’éducation, rajouté aux quatre piliers antérieurs au numérique, — Savoir être, Savoir faire, Savoir apprendre et Savoir vivre ensemble (rapport Delors, UNESCO, 1996) —, pour rendre compte de la capacité de la personne à se projeter dans l’avenir, avec ses envies, ses besoins et ses connaissances.  Cette capacité est facilitée par l’augmentation numérique, qui permet d’activer un répertoire de e-stratégies, toutes liées à des réalités cognitives permettant de surveiller l’environnement grâce aux médias et de résoudre des problèmes : le jeu (résolution de problèmes), la simulation (modélisation dynamique), l’agrégation de contenus (mise à jour de soi), l’échantillonnage (pour éditorialiser et remixer des contenus), l’interaction multi-tâches avec les outils numériques, la navigation trans- et cross- media (contrôle du savoir), le réseautage (pour la collaboration et l’intelligence distribuée) et la coordination pair-à-pair (pour la création de communautés et la co-construction de connaissances).  D’autres e-stratégies sont en émergence, dont il faut faire la veille…

Savoir Devenir propose une inversion des processus et méthodes d’éducation pré-numériques, pour augmenter les « capabilités » (Amyarta Sen, 1985 ; Nussbaum, 2011), faire face aux mutations numériques et développer une éthique et une esthétique de vie.  Ces objectifs peuvent être atteints sans passer par les programmes des disciplines mais en sont complémentaires.  Les activités d’aide, de tutelle, de mentorat et d’étayage font partie du Savoir devenir car l’apprentissage ne se passe pas seul mais nécessite des médiations (humaine, pédagogique, technique) et des communautés participantes.

Savoir devenir s’appuie sur les dernières connaissances sur le cerveau et la socio-cognition ainsi que sur  les cultures de l’information pour ce qui est des compétences en Education aux Médias et à l’Information (EMICOMP) augmentées par les compétences en littératie numérique (DIGICOMP).

Objectifs

  1. Définir les translittératies

L’agencement multi-médias et trans-médias pour lire, écrire et compter avec les outils  numériques

La maîtrise multi-domaines pour être capable de coder, chercher, évaluer, tester, valider, modifier l’information selon ses contextes d’usage pertinents

  1. Inscrire les translittératies dans les enjeux info-culturels

Le nouveau rôle de l’apprenant vise à la maîtrise des cultures de l’information, à partir  de « documents » (info-doc), de « données » (info-data)  et d’ « actualités » (info-médias). Le numérique leur attribue une plasticité radicalement originale, propre aux langages artificiels fondés sur le calcul et l’informatique. Ceci bouleverse la notion  de « texte » et les modes de représentation, de transmission  et de transferts des savoirs. Ceci entraîne une ouverture sur les « spectacles » multi-médias, trans-médias et cross-médias comme nouvelles sources de savoir et d’organisation des connaissances et des apprentissages.

  1. Développer les translittératies dans le dialogue interculturel

L’ère numérique a pour caractéristique d’être transfrontière, notamment pour ce qui relève de la circulation de l’information. Les translittératies sont une opportunité pour toutes les cultures d’opérer une transition réussie, diversifiée et régénératrice au numérique.

  1. Organiser la recherche et la formation autour du Savoir Devenir

Pour rendre plus conscients les usages individuels et les  capacités à se projeter tout au long de la vie en s’appuyant sur les affordances du numérique

  1. Produire des documents-cadres

Pour faciliter la mise en œuvre de politiques publiques en Savoir Devenir, Education aux Médias et à l’Information et Translittératies dans le   développement numérique durable

Missions

  1. Renforcer les capacités par les retombées en savoirs médians en articulant usages et apprentissages

Les retombées en « savoirs médians », définis comme la vulgarisation de haute qualité des résultats de la recherche en direction des communautés d’apprentissage et de formation, se feront autour du couple « usages/apprentissages ».

Elles mettront la notion d’information au centre de différentes contraintes systémiques, pour certaines typiques de la situation française, pour d’autres partagées avec d’autres systèmes scolaires, scientifiques et économiques.

Elles recoupent les différents paradigmes d’apprentissage en présence : la transmission (savoirs constitués à reconstruire dans des institutions), la co-construction des connaissances (par le développement de compétences et d’instruments partagés de médiation) et la participation (construire des savoirs dans des communautés).

  1. Contribuer au développement numérique durable
    • L’employabilité et la citoyenneté sont les plus attendues et les plus souvent discutées dans les débats publics et scientifiques
    • Le savoir-devenir tout au long de la vie l’est moins alors qu’il est moteur dans l’engagement des apprenants dans les cultures de l’information
    • Les cultures de l’information sont perçues comme une étape de transition indispensable pour comprendre le développement numérique qui se met en place et en valoriser les apports pour les Sociétés du savoir (Knowledge Societies) préconisées par l’UNESCO, au-delà du paradigme dominant actuel de « Société de l’Information » (Information Society)
    • Le développement numérique durable n’est pas dissocié du développement humain et relève de deux urgences d’adaptation au XXIe siècle : l’urgence numérique et l’urgence climatique
  1. De manière générale, les travaux de la Chaire s’inscrivent dans les choix d’action prioritaires établis par l’UNESCO
    • L’élaboration de projets scientifiques qui articulent le passage de la recherche fondamentale à la recherche appliquée
    • L’articulation recherche/ formation
    • l’appel aux technologies de la communication pour la formation comme pour la recherche (formation à distance, E-formation, E-learning)
    • L’inscription des activités dans une perspective de développement Nord/Sud et Nord/Sud/Sud
    • Le lien aux travaux entrepris par l’UNESCO dans le même domaine et la capitalisation sur les réseaux déjà existants (ORBICOM, MILID, GAPMIL ) et par l’Alliance des civilisations (UNAoC)

(UNESCO No. 1105)
(Ver. PBe 06-2022)

 

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